Je vous propose ici ma classification toute personnelle relative aux efforts sur un itinéraire de montagne. Il est bien entendu que nous parlons de marche, et non d'escalade - il faut parfois "mettre les mains" mais de manière très ponctuelle. Il est entendu aussi que ces observations valent en période estivale, hors névés et par temps sec.
La pénibilité, c'est la quantité brute d'effort physique à fournir.
Elle dépend principalement de la pente de l'itinéraire. Plus la pente est forte et longue, plus grande est la pénibilité. Le rythme cardiaque s'accélère. Il faut ajouter l'altitude ; même à nos altitudes modestes, on sent parfois des "paliers". Et bien entendu la rapidité est décisive.
On peut augmenter la pénibilité d'une pente douce en accélérant l'allure : mais à moins d'un entraînement spécifique, cela n'a aucun sens en montagne. Si vous aimez courir, faites plutôt du jogging sur macadam, vous vous tordrez moins les pieds. Le montagnard ne court jamais : il garde toujours un pied en contact avec le sol.
La difficulté est relative à la possibilité d'adopter ou non un rythme régulier.
- Un sentier très facile, c'est une surface sur laquelle on n'a pas trop besoin de regarder où on met les pieds. On parlera alors plutôt de piste que de sentier.
- Un sentier facile, c'est un sentier où il faut regarder où on pose le pied, mais où le marcheur est maître de la longueur des foulées. Autrement dit, il peut faire des pas aussi petits ou aussi grands qu'il veut, selon ses capacités physiques.
- Un sentier difficile est un itinéraire où c'est la montagne qui impose la longueur du pas à effectuer et où cette longueur est souvent trop grande. Autrement dit, le profil du sentier est tel que je n'ai pas la possibilité de réduire la longueur de mes pas pour atténuer mes efforts : je force sur mes muscles pour me hisser à la montée, j'atterris brutalement sur mes articulations à la descente, j'ai l'impression d'être dans un grand escalier irrégulier dont les marches sont trop espacées. Si cela se prolonge plus de quelques minutes, je parle de sentier difficile. Un rythme régulier est impossible à soutenir. La seule manière d'atténuer la pénibilité d'un sentier difficile, c'est de s'arrêter brièvement autant de fois qu'il le faut.
On voit donc qu'un itinéraire ou une portion d'itinéraire peut être à la fois pénible et facile : dans ce cas, on pourra atténuer la pénibilité en adoptant un rythme lent et en faisant des pas plus petits. Mais un sentier difficile est presque toujours pénible, car le profil irrégulier est souvent associé à une forte pente. La difficulté est qu'on maîtrise mal la régularité du rythme.
Voici un exemple de sentier à la fois pénible (forte pente) et facile (on peut choisir la dimension de ses pas). Le sentier part du lac d'Aygue longue et monte en lacets au col de la Parade :

A cela s'ajoute le confort.
Le confort est relatif aux frottements et torsions subis par le pied, il dépend de la nature du sol.
J'entends par sentier confortable un profil où le pied peut se poser naturellement, sans basculer et où on a le sentiment qu'on pourrait marcher en tennis sans se tordre les chevilles. Un sentier inconfortable impose des torsions au pied, parce qu'il est très rocailleux ou qu'il y a des trous, des touffes d'herbe proéminentes, des pousses d'arbustes : la chaussure montante y est indispensable même à la montée. Un itinéraire hors-sentier est presque toujours inconfortable.
Un sentier très facile (piste) ne peut être que confortable. Mais un sentier facile peut être inconfortable. Un sentier difficile est presque toujours inconfortable.
La sensation d'inconfort augmente évidemment avec la fatigue et en descente.